Phobie scolaire Que faire Témoignage inside

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Phobie scolaire.

Définition : Ils ne sont ni paresseux, ni «décrocheurs d’école» mais ne peuvent plus se rendre en cours parce qu’ils ressentent une angoisse terrible liée à l’établissement (école, collège, lycée, fac) et à l’environnement scolaire. Ces élèves aiment les études mais sont victimes de «phobie scolaire». Ce trouble anxieux encore méconnu peut avoir des conséquences dramatiques. La phobie scolaire est à différencier de l’angoisse de séparation du petit enfant à l’école maternelle, ou encore de l’absentéisme et du refus scolaire de l’adolescent où la réaction d’anxiété n’est pas présente. C’est une vraie phobie liée à la scolarité. Elle touche les garçons comme les filles, le plus souvent à l’adolescence mais cela peut aussi atteindre de jeunes enfants ou même des étudiants.

Source : http://www.phobiescolaire.org

 Ci dessus on voit la définition officielle, est ce qu’elle te semble juste ? Rajouterais-tu quelque chose ?

 C’est juste mais incomplet quand je vois l’effet que ça a eu et a encore sur ma vie. C’est tellement fort, puissant … Au point de faire des crises de tétanies parfois dans mon lit et ce dès le réveil.

Commençons par le début, dis m’en un peu plus sur toi.

Je m’appelle Sonia, j’ai 21 ans … Je ne sais pas quoi dire d’autre (rire nerveux) C’est très dur de parler de soi … J’aime la lecture, le dessin, le sport, je suis une mordue de sensations fortes et j’adore me dépasser.

Quand l’on te voit, on n’a pas du tout l’impression que tu souffres de cette maladie… D’ailleurs ce terme te convient-il ?

 C’est normal, si on ne mets pas devant ou dans une école je reste une jeune femme « normale » qui aime rire et sortir entre amis , aller au ciné, voir ma famille, je suis une jeune femme assez normale vous savez ? (Rire)

Ce terme me convient en effet car c’est une maladie. Je souffre de phobie scolaire, je ne suis pas la phobie scolaire, ce n’est pas comme mon bras plutôt comme une bronchite chronique ou un cancer quelque part.

Comment cela s’est déclenché ?

Je m’en rappelle comme si c’était hier, j’étais en 4 ème au collège et suite à une dispute avec ma meilleure amie de l’époque, j’ai manqué un jour, puis deux , puis je n’ai pas pu y retourner … Cependant cela n’est que le «  déclencheur » je me rappelle que je buvais avant d’aller en cours et qu’en primaire je tombais réellement malade très souvent et du coup je ratais les cours très souvent, ce qui ne m’empêchait pas d’être la meilleure de ma classe au collège et déléguée de classe chaque année.

Depuis quand en souffres-tu ?

Que je ne dise pas de bêtises … Je vais compter à partir de la 4ème j’avais donc 13 ans, en janvier j’aurais 22 ans donc 8 ans et demi.

Comment a réagit ta famille et tes proches ?

Mes parents sont séparés, et ce bien avant mes soucis je tiens à le préciser, donc ma mère à été très compréhensive, elle a essayé de me faire retourner en cours bien sûr mais voyant les larmes et une vraie peur dans mes yeux et dans ma voie, elle a arrêté et à chercher des solutions, sur internet, dans les livres, pris des rendez-vous avec des psys …

Mon père et le reste de ma famille n’ont rien compris, pour eux c’était un caprice, on a failli, plusieurs fois en venir aux mains

Excuse moi de t’interrompre mais je te vois tu es toute menue…

A l’époque je devais faire 53 kilos pour 1m57, mais cela ne change rien, quand votre propre famille ne vous croit pas vous êtes juste écoeurée. A l’époque j’aurais du dire «  Papa je t’en supplie crois moi, moi aussi j’ai peur » mais j’étais aussi dépassée qu’eux face à cette situation. Mon avenir ? Comment je pourrais en avoir un sans pouvoir aller à l’école ? Et mes amis ? Ce que les jeunes filles rêvent de vivre, le premier petit ami, les sorties de classe, les voyages scolaires , les copines … Je pense réellement que nos peurs respectives s’entrechoquaient en quelque sortes.

Pour mes proches, j’ai découvert qui était mes vrais amis, on parlait encore sur MSN ! Ca ne me rajeunit pas (rire) Certains m’ont cru, d’autres non, cela m’a fait très mal surtout que j’en avais honte. Avec ma meilleure amie on restait optimiste à l’époque, on se disait que ça allait faire comme Serena dans Gossip Girl.

Et tes professeurs ?

Cela dépend des quels vous parlez, aux collège ma prof principale en avait eu mais pas au même niveau, l’infirmière était plus tôt sympa, sinon j’étais une «  sécheuse » pour eux.

Après je suis tombée en dépression, je voyais tout ce que je perdais, et j’ai été hospitalisée puis en internat thérapeutique puis en hôpital de jour.

Au lycée j’ai eu énormément de chance, excusez moi j’en ai les larmes aux yeux… Ils m’ont cru, j’avais un PAI, programme d’aide individualisé un truc comme ça, je voulais aller en filière littéraire donc j’ai repris cours par cours au feeling aussi car cela joue énormément quand on à ce genre de problème.

 En seconde et en première, les profs dans la majorité m’ont crue, et m’ont aidée comme il le pouvait, pour les contrôles cela restait aménagé soit chez moi, soit à l’infirmerie et je ne trichais pas ! (Rire) On pourrait croire mais non, à part en espagnol où ma mère m’aidait pour les devoirs à la maison.

Par contre en terminal, sachant que j’avais la même classe qu’en première, les profs ont été juste horribles, pour eux c’était simple je mentais, ma psychologue, mon psychiatre, la psy des écoles, on mentait tous.

 Ma classe, je n’en sais rien, je crois avec le recul, que l’année du bac c’était trop demander à quelqu’un de se préoccuper d’autre chose…

As-tu des symptômes somatiques ?

Oui énormément, les maux de ventre pour commencer, les tremblements, les crises d’angoisses qui durent entre 30 minutes et plusieurs heures, les crises de larmes, la tétanie, nausées, vomissements, diarrhées, migraines, sueurs froides …

Je me suis aussi coupée, scarifiée à un moment, j’avais peur, j’étais triste et avoir mal physiquement me soulageait psychologiquement comme une soupape de sécurité. Pour que ma tête n’explose pas.

Après j’en oublie surement, comme le mal de dos par exemple parce que pour moi cela fait partie de mon quotidien.

Cela à t-il eu des répercussions ta vie privée ? Relations amicales, amoureuses, tes passions, les sorties ?

Oui c’est ce qui a été le plus difficile. Je suis assez seule car sans l’école comment se socialiser ? Se faire des amis ? C’est très dur croyez- moi. Puis le peu d’amis que j’ai ont aussi une vie et d’autres amis. Ils ne vont pas passer leur temps à m’aider, ils ont leur vie à vivre. Il y a ceux aussi qui quand vous allez mieux s’éloignent … Sauf que c’est le meilleur moyen de rechuter, ce qui entraine un cercle vicieux où l’ont reste « malade » parce que tout le monde est habitué et que c’est plus facile.

Je ne vais pas vous mentir, se battre constamment est réellement épuisant alors quand vous arrivez à faire un jour de cours, puis deux et que vous voyez vos « amis » s’éloigner, votre famille vous prêter moins d’attention… C’est humain tout le monde aime avoir de l’attention.

Vous arrêtez, au début vous vous dites «  c’est juste pour aujourd’hui » mais tout recommence c’est vraiment ignoble comme maladie, surtout sur une longue durée comme la mienne…

Pour les amours, j’ai eu comme tout le monde de bonnes et de mauvaises expériences je crois. Mes passions, mine de rien avec tous les ateliers proposés  dans les structures, j’en ai trouver beaucoup ! Par contre celle des voyages est venue assez tard …Pour les sorties comme je l’ai dit, cette maladie isole beaucoup, mais je ne me laisse pas abattre pour autant (sourire).

As-tu déjà essayé un ou des moyens pour guérir ? Lesquels ?

 Évidemment, comme je l’ai dit j’ai été à l’hôpital en psychiatrie enfant, ce qui reste à l’heure actuelle un traumatisme profond, vous vous retrouvez seule, avec des gens que vous ne connaissez pas, avec des maladies différentes de la vôtre et des médicaments qui vous assomment littéralement. Je suis restée 4 mois à l’hôpital et j’ai dormi un mois non-stop sauf pour manger. A l’intérieur c’est comme attendre un bus ou un train sans savoir quand il va arriver. La notion du temps n’est pas la même. Je dirais qu’une journée pour les gens à l’extérieur équivaut à une dizaine de jour à l’hôpital.

Ensuite, l’internat thérapeutique, mixte si vous voyez ce que je veux dire. J’y ai vécu des moments incroyables, j’y ai connu mon premier amour, mais j’ai aussi vécu l’enfer là-bas.

Puis l’hôpital de jour, ça c’était cool par rapport à avant je rentrais chez moi tout les jours ! (Grand sourire) Mais au niveau de la prise en charge, cela ne m’a pas aidé.

Les psychologues, les psychiatres, les rendez-vous toutes les semaines parfois.

Il existent aussi des groupes de paroles, même si on ne colle pas totalement au profil, ou que ça ne nous aide pas, avoir des personnes qui ne vont pas nous juger mais nous soutenir fait beaucoup de bien.

J’ai fait de la TCC, thérapie cognitive et comportementale.

J’ai aussi essayé l’hypnose !

Actuellement j’essaie l’EMDR (cela provient de l’expression Eye Movement Desensitization and Reprocessing, que l’on pourrait traduire littéralement par « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires »)

Cependant j’ai aussi énormément lu, cela se compte en centaines de livres…

Aurais-tu quelque chose à rajouter ?

Oui même si je suis un peu gênée…

Je vais d’abord essayé d‘expliquer comment je vois l’école, pour moi ça serait pour vous comme un énorme serpent.J’adore Harry Potter, dans le tome 2 je crois, c’est la ou il y a la tanière de l’araignée d’Hagrid, Aragog avec tous ces petits, pour moi l’école c’est ça, la tanière d’Aragog alors que pour tout le monde c’est Poudlard .

Je demanderais aussi aux gens d’essayer de comprendre cette maladie, et que cela n’est pas notre faute, personne ne choisit de tomber malade et d’avoir 40 de fièvre, ni de vomir quand on souffre de la gastro… Nous, les phobiques scolaires c’est exactement la même chose. Si vous ne comprenez pas ce n’est pas grave, on sait que vous essayez, croyez moi même essayer est très important.

Ensuite soutenez nous, avoir du soutien de la part des proches même si ils ne comprennent pas est très important, c’est une réelle difficulté.

Ne vous laissez pas ou ne laissez pas votre enfant/ado s’isoler, après cela sera encore plus difficile de revenir dans le système scolaire.

On ne peut pas vivre isolé, l’être humain est un être social, nous avons besoin de contact humain.

Il ne faut pas n’ont plus oublier que l’on a peur pour notre avenir, que l’on peut se sentir inutile, inférieur car on ne peut pas faire “comme les autres”, on ne peut pas “juste aller en cours”…

Comment j’ai réussi à m’en « sortir » ?

Je préfère mettre des guillemets car je peux rechuter à n’importe quel moment malheureusement…

Asseyez vous sur un chaise, fermer votre poing et taper de toute votre force sur la table. Voilà c’est comme ça qu’on s’en sort. Il ne faut jamais rien lâcher. C’est épuisant, on dort plus que la moyenne en général d’ailleurs. C’est tout les jours, chaque heure, chaque minute, 365 jours par an sans vacance car il y a toujours l’ombre «  école » au dessus de nos têtes.

D’ou l’importance du soutien dans la sphère familial, et d’un psy même si c’est pour les «  petits soucis quotidiens » ça soutient aussi et maintient une régularité importante.

Cela reste, bien évidemment mon opinion, mon avis, et quelques conseils…

Merci beaucoup de votre témoignage !

Ce fût un plaisir pour moi, merci de m’avoir laissé m’exprimer sur ce sujet qui me touche encore.

Voilà la phobie scolaire vu de l’intérieur.

Treasure Yourself

 

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